7 Constellations - Ep. 101: APUS
Silence. Pas une musique, pas un son,jusqu'à ce que Manichawa se mette à parler.
SCENE 1: INT. MUSÉE NATIONAL DE TOKYO — NUIT
Une salle immense, plongée dans une pénombre bleutée.
Un seul
tableau est éclairé :
La Grande Vague de Kanagawa, version originale, protégée derrière une
vitre blindée.
La caméra s’approche lentement du tableau.
On lit dessous le nom du peintre: Hokusai.
On plonge vers la grande vague.
Toujours ni musique ni son.
Les pigments bleus semblent vibrer.
Le blanc de l’écume pulse comme un cœur.
La caméra
franchit la vitre.
Elle traverse littéralement la vague avant de se rapprocher du Mont Fuji qu'on
aperçoit en arrière-plan de l'estampe.
Le bleu devient nuit.
SCENE 2 - EXT. TOKYO — NUIT - CONTINU
La caméra passe à travers le volcan du tableau.
Pas de musique. Mais sons de mégalopole, très lointains : sirènes, klaxons, rugissements de motos...
Tokyo s’étend, lumineuse, tentaculaire, vivante.
Au loin, une
silhouette noire domine l’horizon :
La caméra fonce vers le volcan.
Un grondement sourd s'amplifie.
Une vibration.
Une lueur rouge.
Toujours pas de musique.
VOIX-OFF DE MANICHAWA
Quand le Mont Fuji a craché du feu…
et qu’un dragon est sorti du ciel.
Un geyser de lumière.
Et dans
cette lumière…
une forme serpentine, immense, élégante, impossible.
RYŪGU, le dragon, émerge du panache volcanique.
Son corps est massif, noir liseré de blanc,
Il rugit sans bruit.
VOIX-OFF DE
MANICHAWA
Ryūgu.
Ensuite, plein d'autres volcans se sont mis à cracher à leur tour.
🎵 MUSIQUE: Waldweben, Richard WAGNER
Long fondu au noir enchaîné en ouverture.
SCENE 3: INT. JOUR – AUDITORIUM DE LA VILLA DU CYGNE
Manichawa apparaît à son piano (elle arrange un air discret: Murmures de la forêt).
Quelques mesures, concentrée.
Puis elle cesse de pianoter les touches blanches et noires et tourne son beau visage de princesse vers la caméra.
SCENE 4: EXT. CIEL NUIT — ESPACE
Le ciel devient noir.
🎵 MUSIQUE: The Starship Avalon, Thomas NEWMAN.
Des constellations apparaissent directement l'une après l'autre.
1. Le Cygne
Une silhouette blanche, élégante, élancée. Pas de pointillés pour relier les étoiles: elles apparaissent avec suffisamment de relief.
Moi, je sers le Cygne.
La constellation que l'entreprise de mon père a achetée
2. La Couronne Boréale
Un petit diadème d’étoiles, délicat, presque timide, apparaît.
CUT.
INT. JOUR - BUREAUX DE STARS OCEAN
Bureau luxueux ensoleillé, avec un logo d'étoiles et de galaxies.
Un homme d'affaires souriant, au costume parfaitement ajusté, remet un contrat à une femme que l'on voit de dos.
Elle a une belle chevelure brune, avec une belle silhouette qui porte encore l'empreinte et le charme d'une certaine jeunesse.
C'est Eleanor WHITAKER.
Elle est vêtue en tailleur et bas nylons, escarpins à aiguilles.
Elle remet un créditube Platine à son interlocuteur.
EXT. CIEL NUIT — CONTINU
3. La Règle
Une ligne d’étoiles nette, tranchante, presque agressive dans sa simplicité.
1 000 000 nuyens clignote à l’écran.
4. Le Dragon
Une constellation discrète mais présente et puissante au firmament, serpentine, qui semble vibrer légèrement.
11 250 000 nuyens clignote à l’écran.
5. L’Oiseau de Paradis
Une constellation multicolore, vibrante. Cette fois, et cette fois uniquement, des lignes pointillées relient les quelques rares étoiles principales et le titre de l'épisode apparaît à côté:
TITRE ÉCRAN : APUS
Le nombre immense de 7 500 milliards de nuyens clignote à l'écran sur un créditube en surimpression.
La caméra
quitte les constellations.
Elle plonge vers un point lumineux en orbite autour de la Terre.
Un objet
gigantesque apparaît.
Une structure en forme de paille-en-queue, avec des ailes déployées comme des
boomerangs.
SCENE 5 : EXT. JOUR/ NUIT - OISEAU DE PARADIS - ESPACE
L’OISEAU DE PARADIS, station orbitale hôtelière de luxe.
La caméra longe la coque par l’extérieur.
TRAVELLING
On voit :
- des touristes en apesanteur,
- des jardins intérieurs,
- des modules d'évacuation vitrés suspendus sous diverses armatures de la station
- une piscine où crawlent quelques nageurs,
- la grande salle de conférence au dernier niveau sous le ventre de l'oiseau avec sol transparent et vue panoramique sur la Terre,
INT. OISEAU DE PARADIS — CHAMBRES D'HÔTEL — CONTINU
La caméra glisse comme un fantôme dans une suite luxueuse aux emblèmes du Dragon.
Elle y croise deux japonais, l'un jeune et sportif, Daichi SATO-Kai, et l'autre vieux, avec un embonpoint, Toshiro MITSUHAMA. Ils boivent du thé en conversant gravement.
Elle franchit une cloison, des couloirs luxueux, puis d'autres cloisons,
Une chambre plus petite, mais très confortable et lumineuse.
Un grand fusil de précision est posé sur la table.
Une orque dégingandée, en treillis de combat, pianote sur son cyberdeck de couleur kaki.
(NB: un cyberdeck est une sorte d'ordinateur permettant de se relier aux réseaux informatiques par la pensée).
C'est Kim.
La caméra passe devant :
- une salle de réunion vide avec dix sièges noirs,
- un bar très chic où un barman prépare un cocktail vert devant Valandir un elfe élégant en cape de synthé cuir noir et rouge
VOIX-OFF DE MANICHAWA
- un poste de sécurité de la police de bord où se trouve, debout devant un pupitre électronique, un troll bien baraqué et câblé - c’est Tak
du bassin armé,
du torse trop gros pour la chemise réglementaire de ce colosse de muscles,
et à la fin seulement on découvre que c'est un troll (crocs, prognathie, sourcils épais en bosse, cornes...)
Il enlève ses lunettes de soleil pour se concentrer sur un écran de contrôle
- des coursives plus techniques qui portent toutes le sigle "N2C Bridge"
- l'entrée d'une usine sécurisée avec panneaux de signalisation de danger radioactif.
- et enfin un couloir de service où deux techniciens en combinaison synthétique, portant des bouteilles d'oxygène longilignes et fuselées sur leurs dos, avec un casque rouge et un masque intégral pendant en bandoulière, discutent en chuchotant.
TECHNICIEN 1 (MIRA)
TECHNICIEN 2 (KAZUO, rigolant)
Mira
soupire, tapote sur l’écran tactile.
On est censés alimenter un palace pour deux mille cinq cents personnes…
Ils rient.
La caméra glisse derrière eux, montrant la profondeur du réacteur.
KAZUO
Mira se fige.
MIRA
Le protocole Onyx ?
Non.
Mais j’ai pas envie d’être là si ça s’active un jour.
KAZUO
La caméra continue vers la tête de l'Oiseau.
- une salle de commandes spatiale où s'active une officière navigante latino-américaine en uniforme impeccable qui porte l'écusson "Cateluna NAVAJO".
VOIX-OFF DE MANICHAWA
Le travelling se poursuit.
La caméra ressort dans l'espace comme par magie et contourne la tête de l’Oiseau.
INT. OISEAU DE PARADIS — QUARTIERS DE LA COMMANDANTE — NUIT - TRAVELLING CONTINU
Dans le lit, la commandante KAYA KEENE dort profondément, vêtue d'un t-shirt laissant ses épaules nues.
Elle respire
vite.
Elle rêve.
VOIX-OFF DE MANICHAWA
Certaines font des cauchemars.
Un
grondement sourd.
Une vibration.
Une lumière rouge clignote.
Gros plan sur les yeux agités sous les paupières fermées de la commandante.
🎵 MUSIQUE: Blade Runner Blues, VANGELIS
SCENE 6: INT. CHAMBRE D’HÔTEL — LA HAYE — AUBE
Une
respiration courte.
Visage crispé.
Elle sort d’un cauchemar —
Elle murmure, presque sans voix :
KAYA
Silthrim… mon ange… je t’aime…
Un hologramme
rouge projette l’heure sur le plafond : 06:42.
Mais non.
Les murs sont droits, crème, sans courbes.
L’architecture est vieille Europe, pas orbitale.
Elle enfile un peignoir gris, se lève,
Une enveloppe
blanche l’attend.
Elle l’ouvre.
Une accréditation officielle en forme de carte à puces numérique, avec sa photo:
Madame Kaya KEENE
Commission d’Enquête Internationale
Affaire de l’Oiseau de Paradis
(CEIAOP)
Auditorium d’honneur
17 – 18 juillet 2082
Tribunal de La Haye
Auditions à 9h et 13h30
Elle referme
l’enveloppe, pose son commlink dessus.
Un geste militaire, précis, presque rituel.
INT. SALLE DE BAIN — CONTINU
La cabine de
douche s’ouvre.
La lumière est froide, presque clinique.
Les pieds
nus de Kaya hésitent un instant avant d’entrer.
Puis le pommeau crache une pluie vaporeuse.
Montage lent, sensuel, mélancolique :
- l’eau qui glisse sur ses mollets,
- ses mains qui pétrissent le savon,
- son regard perdu,
- un éclat de joie,
- un éclat de tristesse,
- son ventre qu’elle frotte doucement — un corps qui a souffert,
- l’eau qui ruisselle sur ses épaules,
- le pommeau qui s’éteint,
- la serviette qu’elle passe dans ses cheveux courts,
- ses fesses musclées,
- son souffle qui revient.
La musique enveloppe toujours la scène.
INT. CHAMBRE D’HÔTEL — PLUS TARD
Kaya s’habille.
Elle se maquille légèrement, gestes précis, maîtrisés.
À la radio, un speaker surexcité :
SPEAKER
(RADIO)
Ouais mes p’tits bonbons, ça chille grave
!
Et pour finir cette heure de musiques tous azimuts,
un extrait du live de Manichawa au Caire, juillet 2081 !
Vous avez la vidéo sur notre MeFeed.
On pense à toi, Chawa !
La voix de Manichawa résonne en fonds dans la pièce, énergique et douce à la fois.
Kaya
inspecte la chambre une dernière fois —
un réflexe de commandante.
Puis elle ferme la porte.
SCENE 7: EXT. HÔTEL — LA HAYE — MATIN
Une marée de
journalistes l’attend.
Flashs.
Microphones.
Cris.
Colonelle Keene !
Comment vivez-vous le fait
JOURNALISTE
2 (accent hongrois)
Colonelle Kaya, comment voirrr-vous suite de votrre carrière ?
JOURNALISTE
3 (TIR NA NOG MAGAZINE)
Quelle part de responsabilité imputez-vous aux Big Ten dans cette affaire ?
Kaya avance, impassible, protégée par trois silhouettes massives :
- un elfe en manteau de synthécuir noir et rouge (Valandir)
- une orque dégingandée, en tenue paramilitaire (Kim)
- un troll samouraï, smoking, lunettes de soleil, gilet pare‑balles (Tak).
Ils l’escortent jusqu’à un GMC Bulldog noir, luxueux, vitres teintées.
INT. GMC BULLDOG — CONTINU
À l’avant, une petite humaine brune, silhouette athlétique,
GENESYS DA SILVA, alias Cateluna Navajo.
Elle semble
immobile, détendue…
mais un câble part de sa nuque vers le tableau de bord.
Ses lunettes connectées affichent des données en continu.
Elle pilote par la pensée.
EXT. RUES DE LA HAYE — CONTINU
Le van traverse deux foules opposées :
À gauche : les anti‑corpos
Pancartes :
- « À bas la dictature corporatiste ! »
- « Vive P‑Vishwa ! »
À droite : les anti‑métahumains
Pancartes :
- « Non à la suprématie des éveillés ! »
- « CG‑SAID : nouveaux tyrans à la solde des elfes ! »
Les cris se
mêlent.
Les flashs explosent.
Le van avance.
EXT. RUE — HAUTEUR — CONTINU
La caméra
s’élève verticalement.
Le van devient un point noir dans la foule.
SCENE 8: INT. SALLE D’AUDIENCE — CEIAOP — MATIN
Silence tendu.
D’un côté, Kaya KEENE, droite, uniforme impeccable,
visage fermé, dans un fauteuil placé
dans un carré de bois.
HOUSTRY
L’un ou l’autre indifféremment.
“Commandante” fait référence
“Colonelle” à mon grade
Les deux emplois sont justes.
Houstry incline légèrement la tête, satisfaite.
HOUSTRY
Très bien, commandante Keene.
Elle feuillette une page, lentement, comme pour faire durer le silence. Quelques flashes crépitent.
Vous confirmez que MITSUHAMA et ses filières
Murmures de désapprobation.
KAYA
HOUSTRY
KAYA
HOUSTRY
Un léger
frémissement passe dans le regard de Kaya.
Elle inspire profondément.
KAYA
Aucun problème.
Silence.
La caméra se rapproche de son visage.
Une ombre passe dans ses yeux.
🎵SILENCE.
CUT.
SCENE 9 : EXT. STADE DREKKIVIK — REYKJAVIK — NUIT
- la tête forme la scène,
- la régie-son est dans le museau
- le museau est dans la fosse,
- les ailes sont les gradins,
- la queue serpente autour du bâtiment,
- des écailles métalliques à l'entrée réfléchissent les lumières de la ville.
Un
grondement sourd.
La foule hurle.
Des dizaines de milliers de spectateurs.
Des écrans holographiques flottent dans l’air glacé et pulsent comme des
aurores boréales. Le ciel est noir.
VOIX-OFF DE
MANICHAWA
Reykjavik…
La ville où l'histoire du Monde s'est infléchie.
Mais ça, personne ne le savait encore.
Pas même moi.
INT. SCÈNE — BACKSTAGE — NUIT
Le son d'un coeur qui bat résonne puissamment.
Les Chawa’s Seven s’installent sur la scène gigantesque, éclairée par des néons bleus et violets.
Clameurs de la foule.
Clameurs derechef.
Applaudissements et hourras.
Cris et rugissements de plaisirs.
Il fait courir son archet sur les cordes :
La foule rugit toute ensemble.
INT. CARAVANE-LOGE DE MANICHAWA — NUIT
Des costumes cyberpunk accrochés à des cintres,
Sur scène, les Chawa’s Seven jouent les premières mesures. Chaque musicien entre dans la mélodie, l'un après l'autre.
On entend que la foule s'agite.
MANICHAWA (à voix basse, sourire)
Hmmmmm...
la tempo Red Dress…
Sa tête tourne un peu.
Elle se lève avec difficulté, attrape l'oreillette de scène sur la table derrière elle et l'ajuste en tremblant sur son oreille elfique.
Elle passe en revue trois ou quatre costumes bien alignés sur un valet dans un coin de la pièce.
Elle sort de la caravane en trébuchant et manque de se vautrer.
EXT. BACKSTAGE — CONTINU
Commlinks allumés partout pour immortaliser l'instant.
Manichawa rit encore et chauffe sa voix en sautillant.
La foule hurle son nom. "CHAWA! CHAWA! CHAWA!".
Ovation immense et unanime.
EXT. SCÈNE — NUIT
Elle titube légèrement, mais son sourire est angélique.
Rayonnant.
Magnétique.
VOIX-OFF DE
MANICHAWA
On dit que les voix peuvent réchauffer les âmes
Pose une main sur son ventre et danse des hanches timidement.
La foule se
tait.
Hypnotisée.
Elle ferme
les yeux.
La lumière blanche l’enveloppe.
La caméra s’élève lentement au-dessus d’elle.
🎵MUSIQUE: diminue jusqu'à devenir inaudible.
FONDU AU NOIR.
Après quelques secondes, on entend un gros claquement d'orage.
CUT.
SCENE 10: INT. OISEAU DE PARADIS — QUARTIERS DE LA COMMANDANTE KEENE — NUIT
Une alarme retentit tandis qu'on est à nouveau en gros plan sur le visage crispé et nerveux de la commandante KEENE endormie.
Buwiiiyt - Buwiiiyt - Buwiiiyt - Buwiiiyt - Buwiiiyt - etc.
Kaya ouvre brusquement les yeux.
Le même cauchemar.
Toujours le même.
La lumière
d’ambiance passe du bleu nuit au blanc doux.
Un système automatique détecte son réveil.
Kaya se lève, pieds nus sur le sol tiède.
CUT.
INT. SALLE DE BAIN — CONTINU
L'alarme retentit toujours.
La salle de bain est ronde, minimaliste, presque zen.
Pas de douche cette fois: Kaya ouvre le robinet du lavabo.
L’eau coule en un mince filet parfaitement calibré.
Elle se
penche, se passe de l’eau sur le visage.
Longuement.
Comme si elle voulait effacer quelque chose.
Ses yeux sont fatigués.
La station vibre d'un grondement sourd et inhabituel.
CUT.
CUT.
INT. CHAMBRE — CONTINU
Kaya s'empresse d'appuyer sa main droite sur un détecteur mural,
Après un déclic électronique, l'alarme de la chambre s'éteint.
Elle enfile
son uniforme rapidement :
gestes précis, mécaniques, militaires.
- fermeture éclair,
- col ajusté,
- insigne velcro,
- holster avec un Arès Lightbird parfaitement chromé, qu'elle charge,
- bottes connectées
Puis elle se dirige d'un pas lourd vers la porte de sa chambre.
VOIX-OFF DE MANICHAWA
INT. COULOIR DE LA SUITE — CONTINU
La porte
s’ouvre automatiquement.
Un léger souffle d’air.
La lumière du couloir est plus vive.
Kaya sort, referme derrière elle.
La caméra reste un instant sur la porte close.
VOIX-OFF DE MANICHAWA
Pour le monde entier.
INT. OISEAU DE PARADIS — COULOIRS — CONTINU
Kaya marche
d’un pas rapide.
Les parois courbes reflètent son uniforme.
Des drones de service glissent en silence et ramassent les objets qui flottent
(par moments) ou qui chutent brusquement (à d'autres moments).
Un léger
tremblement parcourt la station.
Presque imperceptible.
Kaya KEENE s’arrête au seuil d'une large porte à doubles galandages latéraux.
SCENE 11: INT. PASSERELLE DE NAVIGATION - CIEL ORBITAL
KAYA KENNE
GENESYS
GENESYS
La commandante pianote sur son pupitre de commande.
Ton calme :
KAYA KEENE
GENESYS
La commandante se rapproche de l’écran de contrôle de Genesys et y jette un œil distrait.
ARTHUR PESQUET
KAYA KEENE
Pesquet remet sa ceinture correctement et arrange précipitamment chemise et casquette en bredouillant:
ARTHUR PESQUET
Il disparaît en courant.
La commandante se dirige vers les navigants endormis et les secoue un peu en les hélant mais pas de réponse.
Elle dégaine son flingue, lentement.
A l'aide de la pointe du canon de son pistolet, qui est chromée et impeccable, elle s’assure précautionneusement, par le truc de la buée, qu’ils respirent encore, ce qui est le cas.
Elle remet son pistolet dans son holster, et se rapproche du pupitre de Genesys qui essaie fébrilement d'activer des commandes.
GENESYS
KAYA KEENE
Elle scrolle sur un pupitre tactile.
GENESYS
KAYA KEENE
GENESYS
KAYA KEENE
GENESYS
KAYA KEENE (parlant dans un petit micro fixé au pupitre)
GENESYS
KAYA KEENE
GENESYS
KAYA KEENE
Elle actionne son commlink.
KAYA KEENE
ARTHUR PESQUET (via l'interphone du commlink)
KAYA KEENNE
Un écran affiche 2h55.
INT. NUIT - CABINE DE KIM
La cabine est vide mais on reconnaît l'endroit où Kim était assise, plus tôt dans l'épisode.
Et on reconnaît le cyberdeck et le fusil de précision, qui flottent mollement dans la pièce.
INT. NUIT - BAR DES CLASSES PLATINE
INT. NUIT - COURSIVE TECHNIQUE INTERIEURE
Valandir et Kim courent en suivant une bande phosphorescente qui s'étend le long d'une petite coursive de service arrondie.
On entend un coup de feu.
Kim se retourne et canarde avec un fusil automatique planqué dans son bras.
Nouveaux coups de feu, en rafale.
Valandir et Kim plongent à terre, contre les parois de la coursive.
Mais ils se mettent brusquement à flotter dans le couloir.
Valandir prépare une boule de feu entre ses mains de magicien.
CUT.
INT. NUIT - PC DE SECURITE - OISEAU DE PARADIS
Tak, le troll câblé en uniforme de police (avec l'écusson de l'Oiseau de Paradis fixé sur la poitrine), regarde un écran de contrôle, les jambes en l'air en position d'astronaute, agrippé au bureau par les mains.
Une alarme retentit, régulière, obsédante, inquiétante.
3h du matin s'affiche sur les écrans.
Sur l'écran de contrôle principal, plusieurs caméras de sécurité filment sous divers angles une suite hôtelière de luxe, en mode "urgence incendie" avec des spots oranges tournoyants et une lumière rouge.
Il y a un trou dans la paroi de la baie vitrée et des objets divers flottent dans le vide, notamment des cuillères à thé en or et un coussin rouge portant l'emblème d'un dragon noir.
Les déclenchements automatiques des cloisonnements étanches avaient normalement fonctionné.
Elle ne voyait pas ce que voyait Tak depuis son poste de sécurité.
Et Kaya KEENE était confrontée à des problèmes plus immédiats, alors elle n'a pas cherché plus loin…
FONDU ENCHAINE
SCENE 12: INT. SALLE D’AUDIENCE — CEIAOP — MATIN
Silence.
La salle blanche résonne du froissement des dossiers.
La présidente Maria HOUSTRY consulte une note, puis lève les
yeux.
Devant elle, Aurélius "SILVERMOON" Tarraf, petite hallucination génétique à mi-chemin entre un hobbit et un gobelin, d'ascendance indienne, très maigre, un corps sec et nerveux, cheveux blancs encore beaux, oreilles très pointues, costume tape-à-l'oeil, bagues et bracelets divers, lunettes fines, yeux bleus malicieux, posture décontractée, intervient d’une voix calme.
SILVERMOON
Tout d’abord, nous disposons des enregistrements de secours du commlink de la
commandante Keene.
En grande professionnelle, elle avait établi des redondances dans toutes ses
procédures.
Il pose sa main sur un commlink un peu rayé.
SILVERMOON
Cela nous permet de minuter précisément le déroulé de l’incident, du moins
après deux heures quarante,
même en l’absence des books des commandes de la passerelle.
Certes, mais je vais quand même avancer en accéléré si vous le voulez bien, Maître TARRAF.
ont distinctement vu la lumière rouge caractéristique
de l’alarme de dépressurisation
derrière la baie vitrée trouée d’une des suites du pont N5."
Elle relève les yeux vers Kaya.
Alors commandante KEENE, la question est simple:
Kaya baisse la tête.
Murmures dans l'assistance.
Kaya reste silencieuse, regard dans le vide.
Un murmure parcourt la salle.
Silence.
On entend le crépitement des flashes.
La caméra se rapproche du visage de Valandir dans le brouhaha croissant.
Impassible, il porte des lunettes de soleil opaques.
SCENE 13: INT. OISEAU DE PARADIS — PASSERELLE DE PILOTAGE — NUIT
Silence.
Une lumière bleutée.
La Terre tourne lentement derrière les vitres panoramiques.
La caméra filme l'horloge principale de la passerelle. Il est 02:30.
La caméra recule. On entend des ronflements.
Des officiers navigants dorment, affalés sur leurs consoles.
Des gobelets de café vides traînent à côté de leurs visages.
CUT.
Un gros plan sur une main féminine.
Une petite
fiole renversée, encore
entre les doigts.
Une dernière goutte d’un liquide translucide tombe.
La main lâche la fiole.
CUT.
La fiole tombe dans une poubelle.
La caméra remonte.
Genesys, uniforme d’officier navigante, grande natte habituelle, barrette velcro de capitaine sur la poitrine.
Son visage
est calme.
Trop calme.
Elle vérifie
les écrans tactiles de son poste moteur.
Tout est vert.
Aucune alerte.
GENESYS (chantonnant doucement)
« Ground control to Major Tom… »
Elle sourit.
Un sourire minuscule, presque tendre.
Genesys continue de siffloter Space Oddity distraitement en touchant son oreillette.
GENESYS (à voix basse)
Kim, c’est bon ?
T'as désactivé les enregistrements des communications
et le registre des commandes ?
Un
souffle.
Puis une voix féminine, lointaine.
KIM - OREILLETTE
Avec l'aide de Chawa, oui.
C’est bon pour moi, Genesys.
Genesys
inspire profondément.
Elle ferme les yeux une seconde.
Elle presse à nouveau la main droite sur son oreillette.
Puis elle appuie sur un bouton tactile.
Silence.
La caméra filme d'en-haut la fiole au fond de la poubelle.
Puis elle recule lentement, révélant :
- Genesys qui pianote sur son pupitre de commande
- Les écrans qui clignotent en orange
- les officiers endormis
La 🎵musique remonte.
VOIX-OFF DE MANICHAWA
- la passerelle de commande toute entière derrière la vitre panoramique (où la Terre se reflète en tournant très lentement)
- et l’immensité de l'espace...
Le grondement sourd des moteurs tribord.
Cut to black.
GENERIQUE DE FIN - PHOTOS DE LA TOURNEE DES CHAWA'S SEVEN - ENTRECOUPEES DE PHOTOS DE TOURNAGE
Manichawa: Tripti Dimri
Kaya KEENE: Itziar Ituño
Genesys DA SILVA : Ursula Corbero
Valandir BRULESONGE: Pierre Niney
Takkeshi KATAUENDO dit "Tak": Pio Marmaï
Kim SAVAGE: Anya Chalotra
Eleanor WHITAKER: Anya Taylor-Joy
Toshiro MITSUHAMA: Kenji Oba
Daichi SATO-Kai: Fumiya Takahashi
Aurelius "Silvermoon" TARRAF: Peter Dinklage
Arthur PESQUET: Joe Alwyn
Giacomo: Michaël Sheene
Amiouzy DAVIAR: Théodore Pellerin
Grigory SIRKIS: Itzan Escamilla
Bogo: Christopher Hivju
Loggy: Michael Cera
Rourik: Julien de Saint-Jean
Cumbren la discrète: Hunter Schaffer
















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