7 Constellations - Ep. 104: CORONA BOREALIS
🎵 PLAYLIST DE L'EPISODE
🎵MUSIQUE: Syndicate (Intro), THE MIDNIGHT
HBO Presents
***
A Big Bill and A Band Apart production
***
7 CONSTELLATIONS
SCENE 1: EXT. ISLANDE - NUIT
Un volcan: le Hekla.
La caméra pointe à la verticale au-dessus du cratère.
La caméra recule et se met peu à peu à l'horizontale,
EXT. NUIT CIEL ISLANDAIS — CONTINU
L' immense dragon monte en serpentant vers les nuages.
La caméra le suit dans son vol ancien et majestueux.
Les écailles d'or du dragon reflètent la lumière de l’éruption.
Il tourne autour du panache de fumée, puis s’élève.
EXT. CIEL NOCTURNE — CONTINU
Les étoiles apparaissent une à une
La Lyre.
Hercule.
Puis la Couronne Boréale.
Les étoiles se relient par des lignes fines, formant un diadème parfait.
TITRE ÉCRAN : CORONA BOREALIS
La lumière d’Alpha Coronae (Alphecca) pulse légèrement.
SCÈNE 2: INT. DONJON ROUGE — NUIT
Les étoiles deviennent des LED blanc-bleutées sur un mur noir.
La constellation-diadème est reproduite en luminaire décoratif.
🎵 MUSIQUE: Arriving somewhere but not here, PORCUPINE TREE
Alpha Coronae brille plus fort que les autres.
La caméra recule lentement.
On découvre Eleanor WHITAKER, attachée debout contre une croix de bois stylisée.
Chaînes aux poignets et aux chevilles.
Posture droite, fière, presque royale.
Son visage est calme.
Concentré.
Maîtrisé.
Derrière elle, Daichi SATO‑Kai, jeune, élégant, impeccable, torse nu puissant, abdominaux d'acier.
Il tient un fouet clouté dans la main.
Il la regarde comme on regarde une énigme.
DAICHI (ton neutre)
Tu ne cries jamais.
ELEANOR (sans se retourner)
Je ne donne rien qu’on puisse utiliser contre moi.
Il sourit légèrement.
Un sourire froid.
Elle ferme les yeux.
Respire.
Un souffle lent, presque méditatif.
Je suis un chat sauvage.
Il s’approche d’elle.
Pose une main sur son épaule.
Geste ambigu : ni tendre, ni cruel.
Juste… évaluateur.
Je n'en suis pas aussi sûr que toi,
On parie?
Elle ouvre les yeux.
Regarde droit devant elle, vers la constellation de LEDs représentant la Couronne Boréale, et son étoile à elle, Alpha Coronae.
ELEANOR
Quand tu veux.
Silence.
Un silence dense, électrique.
La caméra se rapproche du visage de Daichi, tandis qu'on voit en flou, au
second plan, son bras se lever avec un fouet clouté dans la
main.
Les yeux d'Eleanor reflètent Alpha Coronae.
CUT BRUT.
🎵 MUSIQUE: Me and Bobby Mc Gee, Janis JOPLIN
SCENE 3: GENERIQUE
Story by
Frédéric A...R
***
ORIGINAL MUSIC
Thomas NEWMAN - The Midnight - FM84- Archive
and on...
Tandis que défilent les noms des êtres humains qui ont supervisé les différents aspects de la production de la série, les noms des acteurs, on balaie un très beau ciel étoilé:
Original characters played in a rolegame adventure by:
François-Xavier L...D - David L...R - Philippe L...D - Nicolas R...Y
Les constellations se succèdent dans la nuit, on voit leur étoiles principales si bien que les amateurs reconnaîtront de quelles vraies constellations il s'agit, sinon les autres ne feront pas tout de suite attention. On ne fait plus de "relier les points par des pointillés" (on ne le fait qu'à chaque titre d'épisode).
La caméra va glisser lentement d’une constellation à l’autre, croisant parfois le chemin de la Terre, de la Lune ou du Soleil. Il arrive que des navettes de transport ou des fusées ou des satellites ou des stations orbitales scientifiques traversent l'écran entre deux constellations. Le ciel est vivant, lumineux, animé.
- la Constellation du Cygne,
Tripti DIMRI
- la Couronne Boréale, Anya TAYLOR-JOY
- le Verseau,
Mehdi DEHBI
- la Règle,
Itsiar ITUNO
Mark STRONG
- le Lion,
Fumiya TAKAHASHI
- le Dragon…
Kenji OBA
- et le Caméléon
Ursula CORBERO
Anya CHALOTRA
Vu dans un ciel nocturne parfaitement étoilé et arrivant de très loin, presque tout d’abord comme un point imperceptible, le bec de l'Oiseau de Paradis (station spatiale) tombe en énorme boule d’acier et de feu, le bec dans l'eau, joli symbole. Le raz de marée que sa chute provoque sur les côtes de Vancouver commet de terribles dégâts. Un enfant blond, noyé, est emporté au ralenti au milieu de branches, de troncs d’arbres et de déchets de toutes sortes, par les flots bourbeux de la dévastation…
Mais l’intérieur des terres, d’abord gris et bleu pâle, constellé de débris divers lorsque submergé par le tsunami, quelques gratte-ciels futuristes à la Blade Runner dépassant des flots, se recouvre peu à peu d’une terre verte et fertile avec des champs, des forêts, et des papillons et des fleurs et des princesses guerrières elfiques… Puis l’une des guerrières se transforme en chanteuse solitaire sur la scène d’un gigantesque concert de stade, avant que la noble et bienveillante face d’un puissant dragon (Dunkelzahn le Vénérable) apparaisse en filigrane flamboyant.
Episode directed by
C...e S...M
SCÈNE 4 — EXT. RUE DE DALLAS — JOUR
Pluie fine.
Eleanor, 11 ans, uniforme scolaire, avec un bleu au niveau d'une tempe et un autre au-dessus du genou, marche seule.
Elle porte un sac trop lourd pour elle.
Des élèves la dépassent, rient, chahutent.
Elle reste en retrait, invisible.
Normalement, on ne naît pas pour être élevé dans la haine.
🎵 MUSIQUE: Heads are gonna roll, ARCHIVE
La jeune Eleanor passe devant une vitrine.
Elle s’arrête.
Regarde son reflet.
Un visage fermé et tuméfié, déjà trop sérieux pour cet âge.
CUT.
SCÈNE 5 — INT. GYMNASE — FIN D’APRÈS‑MIDI
MUSIQUE: CONTINU
Un groupe d’adolescents danse.
Au centre, Eleanor, 16 ans, concentrée, déterminée, le regard dans le
vide, avec quelques cicatrices sur le visage, s’exprime avec une
intensité brute.
Son corps est précis, tranchant, habité.
La danse est son seul espace de liberté.
Deux professeurs la regardent, admiratifs.
La caméra tourne autour d’Eleanor.
Elle danse comme si sa vie en dépendait.
VOIX-OFF D'ELEANOR
La danse m’a appris le contrôle.
Le rythme.
La maîtrise.
Elle s’arrête net.
Respire.
Fixe un point invisible.
VOIX-OFF D'ELEANOR
Mais pas la paix.
CUT.
SCÈNE 6: INT. SALLE DE REMISE DES A‑LEVELS — JOUR
Salle décorée. Bondée de parents d'élèves fiers. Flashs d’appareils photo.
Brouhaha joyeux.
Eleanor, 18 ans, avance vers l’estrade. Elle porte un tailleur simple, trop adulte pour son âge. Elle reçoit son diplôme. Applaudissements.
Elle sourit. Un sourire parfait, maîtrisé, presque professionnel.
PARENT 2 On dit qu’elle avait traversé des choses terribles.
Murmures d'approbation.
Eleanor continue d’avancer. Elle n’accélère pas. Elle ne ralentit pas. Elle ne réagit pas.
Elle s’arrête près d’un panneau d’affichage où sont épinglées les photos de la promotion. La sienne est là : sourire figé, regard trop sérieux.
Elle fixe la photo. Longtemps. Trop longtemps.
Elle serre son diplôme. Le papier se froisse légèrement.
Son sourire disparaît. Son regard se durcit. Une ombre passe.
CUT.
SCÈNE 7: EXT. HARVARD — FIN D’AUTOMNE — JOUR
Feuilles rouges et or tombent sur les pavés.
Elle a l’air brillante, mais fatiguée.
Les yeux cernés.
La mâchoire serrée.
VOIX-OFF D'ELEANOR
Harvard.
On m’avait dit que c’était un rêve.
Je n’y ai trouvé que des ombres.
Elle passe devant des groupes d’étudiants qui rient.
Elle ne s’arrête pas.
Elle ne s’intègre pas.
CUT.
SCÈNE 8: INT. CHAMBRE ÉTUDIANTE — NUIT
🎵 MUSIQUE: Running in the night, FM84
Petite chambre.
Livres partout.
Un bureau encombré.
Une lampe en anneau de leds qui vibrent parfois légèrement.
Eleanor travaille.
Des pages de psychiatrie, de neurobiologie, de sociologie.
La porte s’ouvre.
Son petit ami, JOSH, 20 ans, charme trouble, maigre, piercings, tatouages, crâne rasé et tatoué, entre sans frapper.
JOSH
Tu bosses encore ?
Il est deux heures.
ELEANOR
Je dois finir ce chapitre.
Il s’approche et lui prend le livre des mains.
Elle le regarde distraitement puis récupère le livre sans un mot.
Il sourit, mais son sourire est instable.
JOSH
Viens fatiguer ton corps avec moi mon lapin...
ELEANOR
Josh... Mes partiels sont dans trois jours!
Elle ouvre le livre.
JOSH
Tu sais… tu pourrais lâcher prise, parfois.
Elle ne répond pas.
Elle tourne une page.
Il sort une boîte en bois de sa poche.
Il la pose sur la table de chevet à côté du lit sur lequel il s'assoit.
Son whaouh se transforme en hurlement de loup.
Elle se retourne et le regarde. Elle sourit.
Bon, OK.
JOSH (redevenant faussement sérieux)
Oh, désolé, c'était la dernière mon lapin.
Elle lui saute dessus.
ELEANOR
Ose répéter ça espère d'enfoiré!
Ils se marrent et se chamaillent tous les deux.
Josh sort le boîtier caché sous son dos et le tend à Eleanor.
JOSH
Tiens.
ELEANOR
Better than life...
CUT.
SCÈNE 9: EXT. NUIT — RUELLE DE NEW YORK
Pluie fine.
Elle serre son manteau contre elle.
Des jeunes "éveillés" en guenilles,
Leurs yeux brillent légèrement dans l’ombre.
Ils accélèrent.
Elle accélère.
Leurs pas résonnent.
VOIX-OFF D'ELEANOR
La peur…
c’est un parfum qu’on n’oublie jamais.
Elle se retourne.
Les silhouettes s’arrêtent.
Un silence lourd.
ORQUE 1
Tu t’es perdue, princesse ?
Elle ne répond pas.
Elle recule d’un pas.
ELFE 2
On veut juste discuter.
Un bruit de voiture au loin.
Les silhouettes se figent.
Puis se rapprochent d'Eleanor.
Eleanor reste immobile.
Tremblante.
Mais son visage se durcit.
Le viol est vu à travers le visage d'Eleanor, en gros plan.
Ce soir‑là… je les ai subis et je les ai haïs.
Pour toujours.
CUT.
SCÈNE 10: INT. CLUB PRIVÉ — NUIT
🎵 MUSIQUE: Autumn leaves, Jim HALL & Ron CARTER
Ambiance feutrée.
Lumières rouges.
Un club réservé aux humains.
Eleanor entre.
Elle observe.
Des conversations basses.
Des regards méfiants.
Des discours politiques murmurés.
Un homme d’âge mûr, MR. HAWTHORNE, l’aborde.
Elle hoche la tête.
Ici, on refuse de disparaître, on protège les nôtres.
C'est pour cela qu'il faut être intransigeants.
Elle écoute.
Sans émotion.
Mais ses yeux absorbent tout.
HAWTHORNE
Vous m'avez tout l’air d’une jeune femme qui a compris une chose essentielle :
le monde ne vous fera pas de cadeau.
Elle répond enfin.
Je n’en attends plus aucun.
Il sourit.
Un sourire dangereux.
Alors vous êtes au bon endroit.
CUT.
SCÈNE 11: INT. APPARTEMENT DU LIEUTENANT — NUIT D'ETE
🎵 MUSIQUE: Bullets, ARCHIVE
Un appartement de plain pied, en désordre.
Des bouteilles.
Des dossiers du Policlub.
Une petite terrasse donnant sur un jardin, avec des cibles.
Un revolver posé sur une table de jardin.
Face à un homme : LE LIEUTENANT,
Il lui montre comment tenir l'arme.
Ses gestes sont précis, pédagogiques.
LIEUTENANT
Tu dois respirer.
Toujours.
Même quand tu as peur.
Elle imite.
Parfaitement.
Son tir est ajusté au millimètre sur le cœur de la cible de papier.
Elle le regarde.
Sans admiration.
Sans affection.
CUT.
CUT.
INT. APPARTEMENT DU LIEUTENANT — NUIT D'HIVER
MUSIQUE - CONTINU
La pièce est vide.
La lumière est froide.
Au sol, hors‑champ, une silhouette immobile.
Elle ne regarde pas le corps.
Elle regarde l’arme.
Comme si elle découvrait un outil.
VOIX-OFF D'ELEANOR
On dit que la première fois est la plus difficile.
Ce n’est pas vrai.
La première fois…
c’est la plus claire.
Elle pose l’arme sur la table.
Calmement.
Avec une précision presque rituelle.
CUT.
EXT. RUE — AUBE
Eleanor marche seule.
Le soleil se lève.
La ville est silencieuse.
Elle respire profondément.
Son visage est calme.
Trop calme.
Ce matin‑là, j’ai compris.
Je n’étais plus une victime.
Je n’étais plus une étudiante.
Je n’étais plus une enfant battue.
Elle s’arrête.
Regarde le ciel.
La Couronne Boréale s’efface dans la lumière du jour.
VOIX-OFF D'ELEANOR
J’étais…
enfin…
moi.
CUT NOIR.
SCENE 12: INT. CABINET/APPARTEMENT D’ELEANOR A SEATTLE - JOUR
Plan fixe sur la porte d'entrée. Une plaque:
C'est à dire...
SCÈNE 13: INT. BUREAU DU POLICLUB — JOUR
Salle de réunion.
Ambiance feutrée.
Eleanor, 30 ans, écoute un briefing.
Sur l’écran de la salle :
“Opérations stratégiques — Zone Nord”
M. HAWTHORNE présente:
HAWTHORNE
Nous avons besoin de quelqu’un de fiable.
Quelqu’un qui ne tremble pas.
Quelqu’un qui comprend ce que signifie…
protéger notre avenir.
Il regarde Eleanor.
HAWTHORNE
Vous devez faire vos preuves.
Elle incline légèrement la tête.
CUT.
SCÈNE 14: EXT. TOIT D’IMMEUBLE — NUIT
Eleanor est seule, debout sur un toit.
La ville s’étend sous elle.
Le vent fait bouger ses cheveux.
Elle lève les yeux sous ses lunettes connectées.
Elle semble minuscule…
et pourtant, elle domine tout.
Elle s'accroupit comme une féline.
Puis elle dégaine son Arès Predator et enclenche le mode de visée automatique sur ses lunettes connectées.
Son visage est serein, elle retient son souffle.
Pang. Pang. Pang.
La caméra monte vers le ciel.
Alpha Coronae pulse.
CUT NOIR.
SCÈNE 15: MONTAGE — “LES MISSIONS”
Plans rapides :
- Eleanor dans un bureau, négociant avec des dirigeants sportifs.
- Une enveloppe glissée discrètement.
- Un bookmaker qui détourne le regard.
- Eleanor, flingue en pogne, tire.
- Une porte qui se ferme derrière elle.
- Un téléphone qui vibre : “C’est fait.”
- Une réunion clandestine où elle parle peu (costumes inspirés du Ku Klux Klan), mais où tout le monde l’écoute.
- Des silhouettes qui la saluent avec respect.
- Un dossier marqué “CONFIDENTIEL — PRIORITÉ ALPHA”.
VOIX-OFF D'ELEANOR
Le pouvoir n’a pas besoin de bruit.
Il avance en silence.
CUT.
SCÈNE 16: INT. STARS OCEAN — HALL D’ATTENTE — JOUR
Décor futuriste.
Écrans holographiques montrant des constellations à vendre.
Dossier "CONFIDENTIEL PRIORITE ALPHA" sur les genoux.
Daichi SATO-Kai en tenue de golf, sort d'un bureau avec un contrat à la main.
Il s'incline devant elle et sourit.
DAICHI
Quelle constellation?
ELEANOR
La Couronne Boréale.
DAICHI
Le Lion.
Il s’assoit à côté d'elle, ils se sourient mutuellement.
Silence.
Puis Daichi relève un sourcil malicieusement :
DAICHI
Je suis le roi des animaux, et vous êtes la couronne.
Eleanor se fige.
Un micro‑tressaillement.
Presque imperceptible.
ELEANOR
Pourquoi me dites‑vous ça ?
Parce que vous écoutez toujours les signes,
Même quand vous faites semblant de ne pas le vouloir.
Elle détourne le regard.
Vers les étoiles holographiques.
CUT.
INT. JOUR - TOILETTES DE STARS OCEAN
SCÈNE 17: INT. SIÈGE RÉGIONAL DU POLICLUB HUMANIS — SALLE DE RÉUNION — JOUR
🎵 MUSIQUE: Shadows, THE MIDNIGHT
Long fondu au noir qui s'achève quand la mélodie commence.
Salle sobre, murs rouges sombres.
Une dizaine de cadres du Policlub sont assis autour d’une table ovale.
ELEANOR WHITAKER, 34 ans, tailleur noir, posture impeccable, observe en silence.
Arnold ORFF, costume gris, se lève.
Le monde change.
Des constellations.
Des marques de puissance.
Les étoiles scintillent légèrement, comme vivantes.
Une caste.
Une élite.
Les cadres acquiescent.
Eleanor reste immobile, mais ses yeux brillent.
Et comme pour toute couronne…
Il appuie sur une commande. Alpha Coronae s’illumine plus fort.
Un murmure parcourt la salle. Le directeur regarde Eleanor.ARNOLD ORFF
Tu as déjà prouvé ta loyauté, Eleanor.
Ton efficacité.
Ta… froideur.
Silence.
Elle ne répond pas.
ARNOLD ORFF
Continue ainsi.
Et cette étoile pourrait bien être la tienne.
La caméra cadre Eleanor en léger contre‑plongée.
Elle ne sourit pas.
Mais elle est déterminée.
CUT.
INT. BUREAU DU POLICLUB
Eleanor entre dans un bureau.
Son père adoptif, le directeur, l’attend.
Il s’approche d’elle.
ARNOLD ORFF
Eleanor… tu es en train de devenir indispensable.
Elle reste droite, impassible.
ELEANOR
Je fais ce qui doit être fait.
ARNOLD ORFF
C’est pour cela que tu iras loin.
Il lui tend un dossier.
Ta première mission d’envergure internationale.
Elle prend le dossier.
Le ferme sans l’ouvrir.
ELEANOR
Ils verront.
CUT.
SCÈNE 18: EXT. MONTE‑CARLO — NUIT
Plan large sur le Casino.
Lumières dorées, rouges et noires.
Ambiance luxueuse.
Elle porte une robe sobre, élégante.
Vous prendrez bien un verre
Nous avons beaucoup de choses à discuter
Ils se regardent.
Un mélange de défi, de curiosité, d’évaluation mutuelle.
Je vous remercie pour votre accueil M. SATO-Kai.
DAICHI
Et que dit-on de moi sur le Rocher?
Sur le Rocher, je ne sais pas.
C'est curieux cette image du requin,
ELEANOR
Et vous êtes quoi exactement?
DAICHI
Et vous, qui êtes-vous?
L'ombre qu'il vous faut.
DAICHI
Le Lion.
ELEANOR
Je n'ai pas peur des griffures.
Daichi s'incline à nouveau avec une politesse élégante.
Vous vous méprenez mademoiselle,
Je n'ai aucun mot d'arrêt.
CUT.
INT. SALLE DE GALA — NUIT
Ambiance glamour.
Musique douce.
Des invités en tenue de soirée.
Sur scène, une jeune chanteuse répète avec ses 6 musiciens: MANICHAWA.
Voix claire.
Présence magnétique.
Eleanor l’observe.
Son regard se durcit légèrement.
Daichi s’approche d’elle.
DAICHI
Elle est impressionnante, non ?
Manichawa.
Eleanor ne répond pas.
Elle fixe la scène.
Elle a quelque chose… d’inoubliable.
Un silence.
Lourd.
Eleanor tourne enfin la tête vers lui.
Est-ce pour cette elfe
Elle parle calmement.
ELEANOR
Vous saviez ce que vous faisiez.
Vous saviez pour qui vous travailliez.
Vous saviez ce que cela impliquait.
On ne voit rien.
On montre ce que voit le nain,
CUT
Eleanor ferme les yeux un instant.
Respire.
Puis rouvre les yeux, déterminée.
CUT
EXT. NUIT - HANGAR - PLAN LARGE
Un bruit sourd, étouffé.
Puis silence.
CUT.
INT. NUIT - CASINO DU LION - SALON VIP
Deux coupes de champagne s'entrechoquent.
CUT.
SCÈNE 20: INT. QUARTIER GÉNÉRAL — SALLE CÉRÉMONIALE — NUIT
Une petite salle.
Lumière tamisée.
Au centre : une table.
Sur la table : une balle en argent, posée dans un écrin noir.
Le directeur national s’avance parmi tous les cadres de haut rang de l'organisation.
Il porte une cagoule noire triangulaire ornée de signes cabalistiques.
ARNOLD ORFF
Eleanor Whitaker.
Vous avez prouvé votre loyauté.
Votre efficacité.
Votre… constance.
Il ouvre l’écrin.
Voici la balle en argent.
Symbole de notre confiance.
Symbole de votre rang.
Elle la prend.
La regarde longuement.
Son reflet déformé dans le métal.
ELEANOR
Je ne vous décevrai pas.
Je sais.
CUT.
SCENE 21: INT. NUIT - UNE SCENE D'AMANTS - APPARTEMENT DE SATTORO
Il tapote la place vacante dans le lit, à côté de lui.
SCÈNE 22: INT. APPARTEMENT D’ELEANOR À SEATTLE — NUIT
Appartement sobre.
Lumière froide.
🎵 MUSIQUE: Remains of nothing, ARCHIVE
Eleanor est seule.
Elle écoute une chanson de Manichawa.
Elle ne bouge pas.
Elle ne cligne presque pas des yeux.
Dans les écrans.
Dans ses pensées...
Elle ferme les yeux.
Respire profondément.
Je ne voulais pas la tuer, non.
effacer sa putain de réussite elfique.
La caméra recule.
La Couronne Boréale est projetée sur le mur derrière elle.
CUT NOIR.
SCÈNE 23: EXT. VILLA DU CYGNE — MIDI
MUSIQUE: CONTINU
Une villa moderne, blanche, en forme de cygne, posée au bord d’une plage immense.
Lumière bleutée.
Atmosphère presque irréelle.
Eleanor sort d’une voiture noire, une Mac Laren.
Elle avance vers l’interphone.
Elle appuie sur le bouton.
VOIX DE GENESYS (INTERPHONE)
Villa du Cygne, bonjour.
Eleanor fixe la caméra de l’interphone.
Son regard est brûlant.
VOIX DE GENESYS (INTERPHONE)
Une amie de qui ça vous avez dit?
ELEANOR
De Manichawa.
Eleanor s'allume une cigarette
Elle regarde l'allée qui s'enfonce vers la plage à travers un bois de pin.
Elle regarde le sommet du cou de la villa du CYGNE qui dépasse au-dessus des frondaisons.
Elle aperçoit des drones de surveillance qui patrouillent dans sa direction.
Qu'est-ce que t'as de spécial, hein?
Tu lui as fait quoi
Le vent se lève. Ses longs cheveux frissonnent en désordre.
Elle recule d’un pas.
Puis tourne les talons.
Sans un mot de plus.
Remonte dans la voiture et démarre en trombe.
CUT.
SCÈNE 24: INT. CABINET/APPARTEMENT D’ELEANOR A SEATTLE — JOUR
L’appartement est plongé dans une chaleur étouffante.
Eleanor entre essoufflée, détendue.
Elle verrouille la porte.
Elle active ses lunettes connectées.
Un flux d’informations apparaît :
- alertes
- notifications MeFeed
- nouvelles de son école de danse new-yorkaise
Elle marche dans l’appartement.
Ses pas résonnent.
Elle ouvre une porte dissimulée.
INT. PIÈCE SECRÈTE — CONTINU
Une pièce cachée.
Médiévale.
Un espace de contrôle de la douleur.
Eleanor entre après avoir allumé les leds formant la constellation de la Couronne Boréale au mur.
Elle pose la main sur la grande croix de torture.
Elle ferme les yeux.
Respire.
CUT.
SCÈNE 25: INT. CABINET/APPARTEMENT D’ELEANOR A SEATTLE — PLUS TARD
Kim se déconnecte d'un petit terminal électronique,
L’appartement est vide.
Silencieux.
Trop silencieux.
Une fenêtre ouverte donne sur l'avenue en contrebas de l'immeuble. Il fait chaud.
GENESYS
Elle est partie.
La caméra reste hors‑champ, cadrée sur leurs visages.
Leurs expressions changent.
Inquiétude.
Surprise.
C'est quoi ce truc?
Il y a effectivement une croix et une disposition très similaires à celles que l'on a vues en début d'épisode.
Bruit lointain de moteur d'une voiture sportive quelques étages plus bas.
Genesys se penche à la fenêtre (contre-plongée).
Juste le temps de voir la McLaren noire de WHITAKER s'engager dans le trafic urbain (plongée).
SCÈNE 26: EXT. RUES DE SEATTLE — NUIT
Une Ford Americar noire roule vite.
À l’intérieur : Kim et Genesys, concentrées, professionnelles.
KIM
Elle sait qu’on la suit ?
La voiture accélère.
La Mc Laren parvient à semer les drones de Genesys (qui ne sont pas encore des drones-frelons) en se retranchant dans une planque souterraine à un moment de la poursuite.
CUT.
SCÈNE 27: EXT. STADE DE REYKJAVIK — CREPUSCULE
🎵 MUSIQUE: Roads, PORTISHEAD
Un immense stade moderne à la scénographie draconique.
Foule en effervescence.
Ambiance glacée, nordique.
Elle entre dans la régie-son.
Eleanor ferme la porte derrière elle.
La caméra reste à l’extérieur, cadrée sur la porte fermée.
Puis un bruit sourd. Deux, trois, quatre...
Puis plus rien.
CUT.
SCÈNE 28: EXT. TRIBUNES STADE DREKKIVIK DE REYKJAVIK — NUIT
Le vent souffle fort.
Le ciel islandais est d’un bleu presque noir.
La ville semble minuscule, fragile, posée entre mer et montagne.
GENESYS
En tout cas on a une piste.
🎵 MUSIQUE: Scorn, PORTISHEAD
Kim ferme les yeux un instant, puis les rouvre, avec une froideur déterminée.
Elle regarde le stade en contrebas et Valandir fait de même.
KIM
Dire qu'elle était là cette salope.
CUT.
SCÈNE 29: INT. CHAMBRE D'HÔTEL — NUIT
Eleanor est en nuisette, assise sur son lit, son commlink à portée de voix.
Son chapeau de cowboy, où sont planqués un chargeur et un petit flingue, est retourné sur un des deux oreillers bleus.
Eleanor reste muette.
SCENE 30: INT. NUIT - HANGAR, DOCKS DE NEW YORK
GENERIQUE DE FIN
MANICHAWA: Triptii Dimri
ARNOLD ORFF: Jon Hamm
CHRISTINA ORFF: Christina Hendricks
JOHN HAWTHORNE: Shea Whigham
JOSH: Noah Jupe
LIEUTENANT: Harris Dickinson
ANNETTE SANDSTRÖM: Frida Gustavson
IDRIS UURAA: Idris Elba
Chorégraphies de danse par Maëva D...S - B...E
VALANDIR: Pierre Niney
KIM: Anja Chalotra
GENESYS: Ursula Corbero
TAK: Pio Marmaï
SEAN FINNEGAN: Allen Leech
NIGELE HOUGHTON: Tilda Cobham Hervey
ZARA DJAWADI: Coco Jones


























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